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TRADITIONS ET COUTUMES
Si la polygamie est théoriquement interdite, cependant, les musulmans sont autorisés à avoir jusqu’à quatre épouses, sous réserve qu’ils puissent subvenir à leurs besoins et requièrent l’assentiment des épouses. La famille joue un rôle fondamental au sein de la société guinéenne. En effet, les obligations familiales sont prises au sérieux. Elles peuvent être concrétisées par un don d’argent, l’hébergement ou d’autres services rendus à des parents éloignés. Le chef de famille est en général l’homme le plus âgé. Les femmes se marient en principe avant d’avoir 20 ans et les hommes avant 25 ans. La famille peut influer sur le choix du conjoint. La tradition veut qu’un homme offre dix noix de Kola à la famille de la future épouse pour la demander en mariage. Le chef de la famille de la fiancée casse les noix en signe d’approbation. Le fiancé offre étoffes, bijoux ou bétail à la fiancée et à sa famille. Les musulmans sont autorisés à avoir jusqu'à quatre épouses, sous réserve qu’ils puissent subvenir à leurs besoins. Dans les religions musulmane que les baptêmes ou les mariages tiennent une place importante. La coutume veut que pour ces évènements, les griots (conteurs traditionnels) interprètent des chansons sur chacun des invités en évoquant leur nom, leur physique et leur caractère. La personne ainsi honorée, les remercie en principe, en leur donnant un peu d’argents et chrétiennes, les fêtes de famille telles.
FOLKLORE ET MUSIQUE
La danse et la musique font partie en Afrique des éléments de la vie de tous les jours. Toute occasion est l’objet d’un rythme, d’un pas de danse spontané, exprimant la joie de vivre, la satisfaction instantanée en tout lieu et en tout temps. Le groupe musical africain a depuis très longtemps vécu dans un environnement à l’intérieur duquel, le rythme a toujours occupé une place prépondérante. Le sens culturel du groupe musical africain n’est pas inné, il s’agit simplement d’un acquis culturel. En effet, la musique fait partie intégrante, de la tradition de l’Afrique, de l’histoire de l’Afrique. Dans le sens traditionnel de la Guinée, le folklore guinéen est diversifié et riche. La Guinée est le premier Etat africain qui créa, à l’indépendance, un orchestre national, le Bembeya Jazz. Cette institution, fut le fleuron de la chanson moderne africaine. Son succès encouragea la multiplication des orchestres. Conakry, capitale de la musique africaine, est aussi célèbre grâce aux chanteurs Sory Kandia Kouyaté et à la chanteuse sud-africaine Myriam Makéba, qui s’y est établi en 1968, en prenant la nationalité guinéenne. La tradition orale est riche de chants épiques et de fables à caractère historique, social et éducatif. Les célèbres « Ballets Africains de Guinée », qui véhiculent notre culture à travers le monde sont une illustration. Ainsi, les guinéens aiment la danse et la musique. Leurs instruments traditionnels sont le Kora, sorte de harpe faite de la moitié d’une grande calebasse et cadres métalliques ou végétales ; le balafon (xylophone en bois) et il existe aussi toutes sortes de tambours et autres instruments à percussion.
LA LEGENDE DU SOSSO BALA
" Un jour, au cours d'une de ses promenade, Soumaoro rentre en contact avec des génies qui lui montrent un fantastique instrument qu'il n'a encore jamais vu. A son retour, il se met au travail et le reproduit . Le balafon du royaume Sosso, le Sosso-Bala est né."
L'Afrique découvre un nouveau son mais Soumaoro Kanté ne partage pas. Nul autre que lui n'a le droit de toucher ce nouvel instrument de musique. Si d'aventure quelqu'un en joue, il est aussitôt exécuté. " Même si une mouche se posait dessus, il la retrouvait et la tuait " , affirme-t-on encore comme pour donner plus ampleur à cette interdiction.
Soumaoro Kanté continue à livré ses batailles ,au cours de l'une d'elles, il capture Diakouma Doua, le griot de Soundjata et le garde prisonnier à sa cour. Pendant une partie de chasse, Soumaoro entend au loin le son de son balafon. Il rentre immédiatement pour châtier l'audacieux qui a osé enfreindre sa fatale interdiction.
Arrivé à ses côtés, Soumaoro s'arrête, impressionné par le talent du griot qui joue, pour la première fois de l'instrument. Pour sauver sa tête, Diakouma improvise aussitôt des paroles et le son le plus mélodieux qui les accompagnent.
Le roi dit : -on t'appellera Bala-fo-Fasèkè Kwatè, " Fassèkè Kwatè le joueur de balafon " Après sa victoire Sunjata confie à Bala Fasséké la gestion du balafon de Soumaoro Kanté.
Le balafon devient peu à peu l'instrument privilégié de toutes les grandes cérémonies. A la mort de Bala Fasséké les sages attribuent l'instrument à son frère le plus âgé, suivant la règle de primogéniture.
Depuis, il est toujours resté entre les mains de la famille kouyaté et des descendant de l'illustre griot. Le gardien -le bélétigui- véritable détenteur de l'histoire, a pour mission de veiller sur la précieuse relique.
A son décès, tous les griots Kouyaté se réunissent avec les membres du clan royal afin de nommer un nouveau gardien. " on voit si le futur bélétigui n'as pas transgressé certains principes et s'il a bien respecté la tradition.
Il doit contribuer à la sauvegarde de l'instrument et de son rayonnement ", précise Namankouma Kouyaté Quarante jours plus tard, le Sosso Bala est amené vers la demeure du nouveau gardien, accompagné des biens personnels et des femmes du défunt. Lors de la cérémonie de transmission, véritable passation de pouvoir, le balafon légendaire fait le voyage sur la tête du Bélétigui. A l'apparition des frontière coloniales, la famille kouyaté s'étand agrandie et répandue dans de nombreux villages, il n'était pas rare que le cortége passe du mali en Guinée, ou inversement.
Aujourd'hui Le Sosso Bala, celui que les génies ont donné à Soumaoro Kanté, se trouve définitivement à niagassola, au confins de le guinée, proche de la frontière malienne . Maintenant ce sont les gardiens qui se déplacent et depuis près de 900 ans, les bélétiguis ont su préserver de façon quasiment intacte l'instrument originel. " On leur interdit formellement de modifier l'instrument ou de changer les piéces qui rentre dans sa conception. Si par accident une pièce se casse, le conseil doit à nouveau délibèrer et débattre sur la nécessité de la changer. A ma connaissance, seul deux lames et une gourde ont ainsi été remplacées " , indique avec sérénité le professeur Kouyaté. En tout cas, la grande famille de griot est convaincue que ces balafons qui rythment sur tout le continent les longues nuits de fêtes, sont directement issus du leur : le Sosso-Bala, qu'ils conservent précieusement.
Namankouma Kouyaté (professeur d'histoire guinéen)
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